L’économie allemande face au vent

Grâce à une bonne conjoncture intérieure, le ministre de l’Économie Peter Altmaier prédit une dixième année d'essor économique consécutive. Cependant, des économistes mettent l’accent sur certains risques. Cinq facteurs marqueront l’économie en 2019.

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La majorité des économistes prévoit une augmentation substantielle de 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019, selon un article du quotidien Handelsblatt daté du 4 janvier. Ces prévisions sont toutefois accompagnées d'une longue liste des risques qui menacent la croissance d'une économie dépendante des exportations. La conjoncture intérieure et la bonne situation sur le marché du travail sont quasiment les seules lueurs d’espoir.

1. Guerre commerciale : la guerre commerciale fomentée par le président américain Donald Trump, en particulier contre la Chine, exerce ses premiers effets sur les chaînes d'approvisionnement et les flux commerciaux. Mais il existe également d'autres raisons qui expliquent la baisse de la croissance sur des marchés tels que la Chine : par exemple, les investissements massifs dans les infrastructures, qui avaient augmenté de 19,8 % en 2017, et seulement de 3,3 % l'année dernière. La stratégie adoptée jusqu’à présent afin de relancer ainsi la croissance atteint ses limites. Cette année, le FMI n'attend qu'une croissance de 6,2 % en Chine, après 6,7 % en 2018.

2. Europe : le Brexit est le principal risque économique à court terme pour l'Allemagne. « Un Brexit dur affecterait considérablement les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l'UE », a déclaré le président de l'Ifo, Clemens Fuest, au Handelsblatt. La crainte de risques internationaux se répercute désormais aussi dans les PME, pourtant traditionnellement optimistes. Les carnets de commandes sont encore bien remplis, mais le baromètre actuel KfW-Ifo des PME met en évidence des prévisions commerciales modérées.

3. Innovations : les PME qui ne peuvent pas proposer d'innovations révolutionnaires auront du mal à se dissocier d'une économie mondiale en déclin. Il ne s'agit donc qu'en apparence d'un bon rapport : dans le dernier classement des innovations de la Fédération des industries allemandes (BDI), l'Allemagne figure en quatrième place des 35 économies analysées. Avec toutefois une tendance inquiétante : « l'écart par rapport au groupe de tête se creuse », selon l'étude. La mise en œuvre des investissements en intelligence artificielle annoncés lors du Sommet numérique ainsi que le déploiement des nouveaux réseaux mobiles 5G seront essentiels pour la croissance future.

4. Investissements : jusqu'à présent, les entreprises ont relativement peu investi malgré un taux élevé d'utilisation des capacités et un besoin d'investissements accru dans le cadre de la numérisation de la production. Dans l’ensemble, le taux de croissance de l’investissement privé ne baissera que légèrement, pour atteindre un peu moins de trois pour cent, selon les analystes de la Deutsche Bank. Ces perspectives sont plutôt encourageantes pour une croissance future.

5. Marché du travail : le grand soutien conjoncturel de cette année reste l’économie intérieure. Depuis 2004, le taux d'emploi en Allemagne ne cesse d'augmenter. Et les chercheurs du marché du travail s'accordent sur le fait que cela sera encore le cas en 2019, bien qu'avec une dynamique ralentie. Le principal facteur de risque sur le marché du travail est et reste la pénurie de travailleurs qualifiés.

www.handelsblatt.de

 

 

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